"Houston, on a un problème." C'est à peu près ce qu'a dû se dire el señor Florentino Perez, président du Real Madrid de son état, après avoir vécu en direct l'implosion de ses étoiles chéries hier contre Alcorcón, modeste et néanmoins belle équipe de troisième division espagnole. 4-0: voilà en effet le tarif appliqué dans ce match de Coupe du Roi par le David de la banlieue sud de Madrid au Goliath de la capitale. En Espagne, on appelle ça une "goleada", en gros: une purge.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit: dans ce seizième de finale aller de la Copa del Rey- l'équivalent de notre Coupe de France- l'éléphant du Real aura été étourdi par une mouche qui lui en aura fait voir de toutes les couleurs. Au diable, les données objectives et chiffrées: Alcorcón, avec ses 165000 habitants, son budget d'1,2 million d'euros et son équipe occupant actuellement la 6e place de la troisième division espagnole est un microbe face à l'ogre madrilène et son budget effarant de 422 millions d'euros... Et alors, qu'à cela ne tienne: dans la rencontre d'hier, c'est bien les Galactiques qui auront vu 36 chandelles et non l'inverse.

"Madrid, on a un problème"
Avec son envie et sa rage de vaincre, le petit Alcorcón se sera chargé de rappeler au gros Madrid que les salaires astronomiques ne dispensent pas de jouer et que le talent ne se mesure pas à l'aune du compte en banque. En bref, que l'argent, heureusement, ne fait pas encore tout dans le foot. Or on a beau croire dur comme fer en ce théorème, il tend quand même de plus en plus à être mis en péril par cet autre axiome, tout aussi inébranlable: "L'argent ne fait pas tout, mais il fait quand même beaucoup". Voilà pourquoi c'est toujours un plaisir quand un petit poucet virevoltant comme l'Alcorcón vient jeter ses petits cailloux dans les yeux de mastodontes un tantinet suffisants comme l'est le Real de Florentino Perez.
Du haut de la tribune du petit stade de Santo Domingo où il a assisté à la déroute de son équipe, le président du Real a dû se demander hier où étaient passés ses 250 millions d'euros investis à l'intersaison dans son projet Galactiques II. Une chose est sûre: ils n'étaient pas sur la pelouse.
Bien sûr, le Real, qui n'a plus gagné la Coupe du Roi depuis 16 ans et qui marque en ce moment aussi le pas dans les autres compétitions où il est engagé (Liga et Ligue des Champions) n'a sans doute pas dit son dernier mot. Il y a même fort à parier que piqué au vif, il voudra laver l'affront dans un match retour qui pourrait encore décider qui des deux équipes poursuivra l'aventure. Mais les Raúl, Benzema et compagnie devront quand même s'employer pour faire douter les Borja, Mora et autres Ruben Sanz, hier tout autant stars qu'eux, de leur bonne étoile. Quoi qu'il arrive, on peut déjà remercier les joueurs de l'Alcorcón d'avoir une nouvelle fois dépoussiéré cette belle vérité: le foot se joue certes avec des euros, mais d'abord avec un ballon.

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