Alors que le Barcelonais Leo Messi est à deux doigts de remporter le trophée de meilleur buteur en Espagne avec un chiffre surréaliste (50 buts), une biographie de l'Argentin, "Le mystère Messi", écrite par les journalistes Alexandre Juillard et Sebastian Fest dépeint un Messi vivant certes pour le football, mais aussi hyperprotégé par son clan familial.
Dans cet ouvrage, sorti ce jeudi en France, les deux journalistes tentent notamment de percer à jour un "mystère" dans le parcours du triple Ballon d'Or blaugrana: les circonstances de son arrivée au Barça en l'an 2000, à l'âge de 13 ans.
Après une minutieuse enquête, les deux auteurs démontent ainsi quelques-unes des images d'Epinal répandues par l'histoire officielle du petit Argentin: le Barça, contrairement à ce que compte la légende, n'a pas tout de suite sauté sur l'occasion et le clan Messi, avec le recul des années, semble avoir oublié que le club catalan n'est pas le seul à avoir payé le traitement médical d'un Messi souffrant à cette époque d'un déficit de croissance.
Le livre commence par faire voler en éclats le mythe d'un Barça visionnaire, immédiatement conquis par les talents de "la Pulga". Il rappelle ainsi les multiples hésitations du club catalan, pris à l'époque dans d'intenses luttes de pouvoir, et peu enclin à faire un contrat à un enfant de 13 ans.
"Pendant quelques mois, tout n'a tenu qu'à un fil. Leo a en effet signé son premier contrat professionnel en 2004", souligne ainsi l'ouvrage.
Dans l'histoire de ce transfert sur fond de nécessité pour un Messi anormalement petit pour son âge de prendre des hormones de croissance, les deux auteurs pointent aussi la mémoire très sélective de la part du clan de l'Argentin.
Encore brouillés aujourd'hui avec le club des débuts du joueur, le Newell's Old Boys, les parents de Messi semblent ainsi avoir totalement oublié que cet humble club de la ville de Rosario en Argentine fit lui aussi tout ce qui était en son pouvoir pour payer le traitement médical de "la Pulga".
"Je suis scandalisé lorque je lis que les Messi ont été obligés d'émigrer en Espagne parce qu'en Argentine, personne ne prenait en charge la cure de leur fils. C'est un mensonge", témoigne ainsi un médecin interrogé par les auteurs.
Dans cette success-story qu'est le parcours de Messi apparaît d'ailleurs toute une série de personnages laissés pour compte: Carlos Morales, le premier entraîneur d'"el Diez" à Newell's ou encore Fabian Soldini et Martin Montero, premiers agents du joueur écartés ensuite par l'entourage de Messi.
Décrit comme extrêmement passif vis-à-vis des décisions de son clan, Messi apparaît sous un meilleur jour dès lors qu'il s'agit de football. Ses efforts pour se faire aimer de son pays, l'Argentine, qui ne sera définitivement conquise qu'en cas de victoire au Mondial, apparaissent par exemple touchants.
Au final, il ressort de ce livre un portrait en clair-obscur du génie argentin: généreux et attachant avec son environnement immédiat, oublieux quant à certaines personnes croisées dans sa folle trajectoire.

