Jacques Rogge douche les espoirs des Madrilènes réunis Plaza del Oriente
"Et les Jeux 2016 sont attribués à... Rio de Janeiro."
"Alors ça, Samaranch pas trop", a dû se dire Juan Antonio Samaranch junior, l'unique membre espagnol du Comité International Olympique, il y a à peine deux heures, quand Jacques Rogge, le monsieur que vous voyez sur l'écran ci-dessus, a sagement lu la carte qu'il avait reçue de ses potes du CIO partis en villégiature à Copenhague.
"Ca fait deux fois que vous me faites ça", aurait alors pu dire tout Madrid aux très vénérables membres du CIO, en parodiant le Bourvil de la "Grande Vadrouille". D'abord les Jeux 2012, et maintenant ceux de 2016... Comme Paris avant elle, la capitale espagnole se sera donc aussi pris deux fois les pieds dans le tapis olympique, en s'inclinant cette fois-ci en finale face à Rio.
Plaza del Oriente, à Madrid, globalement, c'était aussi le gazpacho à la grimace. Là, sur cette esplanade entre Opéra et palais royal où la ville de Madrid avait fait monter deux écrans géants, des centaines de supporters de la candidature madrilène s'étaient donné rendez-vous pour suivre tout au long de l'après-midi cette espèce de grand concours de l'Eurovision du sport. Avec, pour patienter entre deux présentations de projets (ils étaient quatre au total: Chicago, Tokyo, Rio et donc Madrid), rien de moins que DJ Pulpo, l'homme qui ferait même danser le jerk à la reine d'Angleterre.
Une candidature aux Jeux, c'est tout un casse-tête
"Donnez-nous les Jeux, plutôt que votre foutu diplôme", hurlait dans l'assemblée un partisan de la candidature madrilène, après que la présentation de celle-ci eut reçu un diplôme d'honneur pour son "excellente tenue". Quand on y réfléchit, déjà un signe que Madrid allait repartir sur ce coup-là avec la médaille en chocolat. Trois heures plus tard, ça ne manquait pas: Madrid, après que le CIO lui eut tout de même donné ce petit plaisir de taper Chicagobama et Tokyo dont déjà plus personne ne se souvenait qu'elle était candidate, tombait sur un os: Rio.
On les avait pourtant bien prévenus, hein, les Madrilènes, en insistant sur l'im-po-ssi-bi-li-té pour eux de décrocher les Jeux en raison du sacro-saint principe de rotation entre les continents. Or, avec Londres 2012... Même Paris ne s'y était pas laissé prendre, c'est dire. Ajoutez à cela que jamais, au grand jamais un pays d'Amérique du Sud n'avait encore reçu les Jeux. Mais bon, les Espagnols sont ainsi: ils aiment bien les défis. Et puis, c'est vrai qu'avec ce grand farceur de CIO, on ne sait jamais trop, hein...
Bon sauf que là, si: à 18h50, tout était plié, Rio dansait la samba et c'est Madrid qui ne répondait plus, comme dirait OSS 117.
Sur la Plaza del Oriente, l'ambiance avait tout à coup baissé d'un ton, DJ Pulpo avait déjà levé l'ancre et l'on distinguait des moues de déception sur certains visages. Rien d'insurmontable non plus, rassurez-vous. D'abord, il y a du mieux par rapport à 2012, puisque la capitale espagnole a cette fois atteint la finale (qui sait, peut-être qu'en 2020?). Et puis, sûr qu'en ce vendredi soir, la plupart des Madrilènes auront déjà digéré cette relative déception en allant prendre un bon verre. Bon d'accord, peut-être pas une caipirinha...

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